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LA BELLE ET LA BÊTE (Beauty & The Beast)
(1946, France, 96 min., 16mm, VOSTA) Jean Cocteau

Quarante-cinq ans avant la sortie de la version Disney de ce célèbre conte de Gabrielle-Suzanne Barbot de Villeneuve, Jean Cocteau en a réalisé la première adaptation cinématographique. Loin d’être aussi rudimentaire qu’on pourrait croire, LA BELLE ET LA BÊTE est en fait l’un des films les plus ingénieux et novateurs de l’histoire du cinéma.

Belle (Josette Day) est une jeune femme de famille de bonne fortune qui, suite à une tragédie en mer, vient de perdre l’entièreté de sa fortune. Son père (Marcel André) est alors incapable d’accepter sa nouvelle pauvreté et devient souciant de ne pas être en mesure de subvenir aux besoins de ses douze enfants. Un soir, sur le chemin de la maison, il se perd en forêt et découvre accidentellement le château de la Bête (Jean Marais) duquel il vole une rose pour l’offrir à Belle. La Bête, en furie, menace d’abord de tuer le père de famille, mais accepte de l’épargner en échange de la main d’une de ses filles. Belle se porte ensuite volontaire et en vient à passer beaucoup de temps avec la Bête. Refusant toujours de l’épouser, malgré les demandes quotidiennes, elle développe un lien d’affection envers lui et découvrira chez lui une fragilité et une beauté intérieure que son apparence animale ne laisse pas transparaître.

À la fois une adaptation des contes folkloriques européens, une métaphore pour la lutte des classes et une critique du système de mariage arrangé, LA BELLE ET LA BÊTE est surtout un tour de force technique. Le film baigne dans une ambiance gothique, agrémentée de décors aussi enchanteurs que terrifiants et de musique somptueuse. Ce qui élève le film au-dessus des autres œuvres de l’époque, ce sont les costumes, les effets spéciaux et le maquillage qui, contrairement aux images de synthèse des films modernes, vous feront réellement croire en ce que vous voyez.

dim. / Sun. 12 jan. 6:30 pm
Cinéma VA-114 – 1395 René-Lévesque O. (métro Lucien l’Allier)
8$, 6$ (étudiants/students, 65+) argent comptant / cash only

BEAUTY & THE BEAST (La Belle et la Bête)
(1946, France, 96 min., 16mm, French with English sub-titles) Jean Cocteau

Fourty-Five years before the Disney version of this tale by Gabrielle-Suzanne Barbot de Villeneuve, Jean Cocteau directed this first-ever film adaptation. Far more than a simple re-telling of the tale, this is actually one of the most ingenious and innovative films ever made.

Belle (Josette Day) is a young woman from a family of good fortune who, following tragic events at sea, loses her entire fortune. Her father (Marcel André) is unable to accept her new state of poverty and worries about his ability to continue supporting his twelve children. On one stormy evening while riding the path home on horseback, he gets lost a forest and stumbles upon the castle of the Beast (Jean Marais) Drawn to a beautiful rosebush in the garden he plucks a single rose with the intention of bringing it to his daughter, Belle. That small act infuriates the Beast who then threatens to kill the father but spares his life in exchange for the hand of one of his daughters. Wanting to save her father, Belle flees to the castle of the Beast on an enchanted horse. Upon arriving she is repulsed by the cat-faced creature but ends up spending much time with him. Daily, the Beast asks her hand in marriage and every time, she rejects him. Gradually she begins to know the beautiful delicate inner soul of the Beast and has a growing affection for him.

Both an adaptation of European folklore and a metaphor for class struggle as well as a critique of arranged marriage, Cocteau’s film is above all, a technical marvel. Bathed in Gothic ambiance filled with sets that are both enchanting and terrifying, its luxurious musical score complements it well. What distinguishes it from other cinematic works of the 1940s are the costumes, special effects and makeup which, unlike the cold modern computer-generated equivalent, makes you truly believe what you are seeing.

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