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(English text follows)
LA FÉLINE (Cat People)
(1942, États-Unis, 73 min., 16mm, VOA) Jacques Tourneur / Producteur : Val Lewton

+ L’HOMME LÉOPARD (The Leopard Man)
(1943, États-Unis, 66 min., 35mm, VOASTF) Jacques Tourneur / Producteur : Val Lewton

Dans les années 40, le scénariste et producteur Val Lewton était en charge d’une série de films d’horreur poétiques à petits budgets pour la RKO; des succès d’estime acclamés pour leur esthétique ombreuse et leur profondeur psychologique, un contraste par rapport aux monstres réels auxquels la Universal nous avait habitué, notamment dans Le Loup-garou (1941). Succédant à ce que plusieurs considèrent comme étant l’âge d’or des années 30, avec les classiques Frankenstein et Dracula (1931), les films des années 40 furent dénigrés autant au niveau académique que critique comme étant des parodies de ce que l’horreur aurait été autrefois, proposant plutôt des affrontements entre plusieurs monstres. Toutefois, le cinéma de Val Lewton échappa à cet étiquetage de par leur emphase sur l’effroi qui se cache dans les ténèbres, remplaçant les horreurs visibles et mises à l’évidence qui dominaient le cinéma de l’époque. Ces productions étaient donc perçues comme étant plus sophistiquées que la moyenne, donnant même naissance à l’adjectif néologique « Lewtonesque ».

Les deux films que nous présentons, La Féline (1942) et L’Homme Léopard (1943), tous deux réalisés par Jacques Tourneur, ont fait fureur auprès de la critique, notamment grâce à leur superbe direction photo clair-obscur. Ceci étant dit, je vais ici faire l’éloge de la conception sonore des films, menée par le méconnu James G. Stewart, qui est arrivé à la RKO vers la fin des années 20 et est rapidement devenu un des plus importants pionniers du son à Hollywood, ayant collaboré avec Orson Welles sur Citoyen Kane (1941) et La Splendeur des Amberson (1942). La collaboration Lewton/Tourneur/Stewart est responsable d’un des premiers « Jump scares » de l’histoire du cinéma. Bien que le son d’un film n’est jamais aussi reconnu que ses aspects visuels, autant au niveau académique que critique, les amateurs de films d’horreur s’entendent pour dire qu’il s’agit d’un élément crucial de l’expérience cinématographique car il accentue les émotions. C’est pourquoi les productions de Val Lewton, faites dans la « fosse aux serpents » qu’était le sous-sol de la RKO, mettent le son à l’avant-plan. L’esthétique ombreuse Lewtonesque est un régal, autant visuellement qu’au niveau auditif. – Mario DeGiglio-Bellemare

Conférencier invité : Mario DeGiglio-Bellemare est un enseignant spécialisé en cinéma de genre, en traditions grotesques, en manifestation cinématographiques et en éthique des monstres à la faculté des sciences humaines du CEGEP John Abbott à Montréal. Il a récemment publié des articles sur le grand guignol dans le journal « Horror Studies » (5.1) et dans le livre « Recovering 1940s Horror Cinema: Traces of a Lost Decade » (2015), qu’il a coédité. Il a également écrit des articles sur Jean Rollin pour le livre « Global Fear: International Horror Directors » (Intellect, 2016), sur Joe D’Amato dans « Intensities » (2017) et sur Lucio Fulci dans « Monstrum » (2018). Il est aussi l’auteur d’un chapitre sur l’épisode « Orphelines » de Buffy contre les vampires (S5E16) dans l’œuvre d’anthologie nommée « Joss Whedon vs. the Horror Tradition: The Production of Genre in Buffy and Beyond » (2019).

dim. / Sun. May 5 mai 6:30pm
Cinéma de Sève 1400 deMaisonneuve O. (métro Guy)
Admission 8$, 6$ (étudiants / students, 65+)

CAT PEOPLE
(1942, USA, 73 min., 16mm) Jacques Tourneur / Producer: Val Lewton
+ THE LEOPARD MAN
(1943, USA, 66 min., 35mm) Jacques Tourneur / Producer: Val Lewton

In the 1940s, writer-producer Val Lewton oversaw a series of darkly poetic low-budget horror films at RKO studios that have come to be appreciated for their shadowy aesthetic and psychological themes, rather than the visible monstrosities produced by Universal, such as The Wolf Man (1941). After what is perceived as the classic period of the 1930s, with such film as Frankenstein and Dracula (both from 1931), much of the output of 1940s American horror has been disparaged in scholarship and by critics as degenerating into parodies and multiple-monster films dubbed “monster rallies.” However, the films produced by Lewton, who was called the “man in the shadows,” were given elevated status as “terror” films based on their emphasis on dread and the unseen over the supposedly more upfront and visceral “horror” aesthetic. The Lewton productions have come to be understood as the “sophisticated” side of the 1940s horror. The term Lewtonesque has come to be used to describe the eponymous genre named after his cherished oeuvre. The two films presented, Cat People (1942) and The Leopard Man (1943), both directed by Jacques Tourneur, have often been discussed by critics in terms of their astonishingly beautiful chiaroscuro visuals. However, I will discuss the films’ sound design by the unknown and uncredited James G. Stewart, who came to RKO in the late-1920s and became one of the most important sound innovators in Hollywood, working with Orson Welles on both Citizen Kane (1941) and The Magnificent Ambersons (1942). The Lewton/Tourneur/Stewart collaboration can be credited with creating one of the first jump scares in the history of the horror film. And while sound continues to be relegated to a level below visuals in mainstream cinema theory and journalism, any horror fan would agree that sound design is central to the experience of the horror film. Sound design is part of the spectacle of horror, the genre’s attractions, and central to all the films Val Lewton produced in the “snake pit” (the basement) of RKO. The shadowy aesthetic of the Lewtonesque is a feast both visual and aural. Mario DeGiglio-Bellemare.

Guest speaker : Mario DeGiglio-Bellemare teaches courses in genre cinema, grotesque traditions, cinematic embodiment, and monster ethics in the Humanities department at John Abbott College in Montréal. He has recently published articles on the Grand-Guignol and cinema in the journal Horror Studies (5.1), and in the book, Recovering 1940s Horror Cinema: Traces of a Lost Decade (2015), for which he is a co-editor. He also has an article on Jean Rollin in the book, Global Fear: International Horror Directors (Intellect, 2016), on Joe D’Amato in Intensities, 2017, and on Lucio Fulci in Monstrum (2018). Also, he has a chapter on the episode “The Body” (S5E16) in an anthology entitled Joss Whedon vs. the Horror Tradition: The Production of Genre in Buffy and Beyond (2019).

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